Nutrition sportive : le guide complet

La nutrition sportive n'est pas réservée aux athlètes professionnels. Que vous fassiez 3 séances de musculation par semaine ou que vous prépariez un triathlon, adapter votre alimentation à votre entraînement améliore vos performances, votre récupération et votre composition corporelle. Ce guide vous donne les principes scientifiques et les applications pratiques.

Les étapes

1

Calculez votre TDEE d'entraînement

Un sportif régulier a des besoins caloriques significativement supérieurs à un sédentaire : 2 800 à 4 500 kcal/jour selon le sport, l'intensité et la fréquence. Sous-estimer ses besoins est l'erreur la plus fréquente et mène au RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport), un syndrome qui altère performance et santé.

2

Périodisez votre nutrition

Vos besoins en macronutriments varient selon la phase d'entraînement. En période de volume élevé : plus de glucides et de calories. En période de tapering : légère réduction calorique mais maintien des glucides. En phase de compétition : carb loading. En intersaison : alimentation d'entretien.

3

Chrono-nutritionnez autour des séances

Le repas pré-entraînement (2-3h avant) fournit l'énergie. La nutrition intra-entraînement (pour les séances de plus de 90 min) maintient la performance. Le repas post-entraînement (dans les 2h) lance la récupération. Ce timing n'est pas magique mais optimise les résultats sur le long terme.

4

Hydratez-vous stratégiquement

Commencez chaque séance bien hydraté (urine claire). Pendant l'effort, buvez 150 à 250 mL toutes les 15 à 20 minutes. Pour les efforts de plus de 60 minutes, ajoutez des électrolytes (sodium : 300-700 mg/L). Après l'effort, buvez 1,5 L pour chaque kg perdu pendant la séance.

5

Supplémentez intelligemment

Seuls quelques suppléments ont des preuves solides : créatine monohydrate (3-5 g/jour), caféine (3-6 mg/kg avant l'effort), bêta-alanine (3-6 g/jour pour les efforts de 1 à 10 minutes) et jus de betterave (nitrates pour l'endurance). Le reste est largement du marketing.

6

Surveillez vos marqueurs de performance

Les signes d'une nutrition inadéquate : stagnation en force, fatigue chronique, infections fréquentes, blessures récurrentes, troubles du sommeil et perte de motivation. Tenez un journal alimentaire et d'entraînement pour corréler votre alimentation à vos performances.

La périodisation nutritionnelle

La périodisation nutritionnelle adapte l'alimentation au cycle d'entraînement, tout comme l'entraînement lui-même est périodisé. En phase de préparation générale (volume élevé), les besoins en glucides sont maximaux (5 à 8 g/kg) pour alimenter les longues séances et la récupération.

En phase de préparation spécifique (intensité élevée), les protéines sont maintenues élevées (1,6-2,2 g/kg) pour soutenir les adaptations musculaires, et les glucides sont ajustés à l'intensité des séances. Les jours de repos, les glucides peuvent être réduits au profit des graisses de qualité.

En phase de tapering et compétition, l'objectif est de maximiser les réserves de glycogène tout en maintenant le poids. Le carb loading (3 jours de glucides élevés à 8-10 g/kg) est pertinent pour les épreuves de plus de 90 minutes. Cette approche périodisée est utilisée par les équipes olympiques et professionnelles.

Nutrition pré, intra et post-entraînement

Le repas pré-entraînement idéal combine glucides complexes et protéines, avec peu de graisses et de fibres pour une digestion rapide. Exemples : riz blanc avec poulet, flocons d'avoine avec protéine en poudre, ou toast avec œufs brouillés. Consommez-le 2 à 3 heures avant la séance.

Pendant l'effort (intra-workout), la nutrition n'est nécessaire que pour les séances intenses de plus de 60 à 90 minutes. Dans ce cas : 30 à 60 g de glucides rapides par heure (boisson glucidique, gel, banane) et eau avec électrolytes. Pour la musculation de moins de 90 minutes, l'eau seule suffit généralement.

Post-entraînement, visez 20 à 40 g de protéines et 0,8 à 1,2 g/kg de glucides dans les 2 heures. Le shaker de whey avec une banane est classique mais un vrai repas est tout aussi efficace. La fenêtre anabolique est plus large que ce que le marketing des suppléments veut vous faire croire.

Guide des suppléments sportifs

La créatine monohydrate est le supplément le plus étudié et le plus efficace : elle augmente les performances en force et en puissance de 5 à 10 %, favorise l'hypertrophie et améliore la récupération. 3 à 5 g par jour, sans phase de charge nécessaire, sans danger pour les reins chez les personnes en bonne santé.

La caféine (3 à 6 mg/kg, 30 à 60 minutes avant l'effort) améliore l'endurance, réduit la perception de l'effort et augmente la puissance. Le jus de betterave (500 mL ou 6-8 mmol de nitrates, 2 à 3 heures avant) améliore l'endurance de 1 à 3 % via la production de monoxyde d'azote.

Les BCAA, le glutamine, les boosters pré-workout et les « gainers » n'ont pas de preuves solides de bénéfices au-delà de ce qu'une alimentation correcte fournit. Investissez dans de la vraie nourriture plutôt que dans des suppléments coûteux aux effets marginaux.

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Questions fréquentes

Faut-il manger différemment les jours de repos ?
Oui, modérément. Les jours de repos, réduisez légèrement les glucides (car pas de dépense d'exercice) mais maintenez les protéines élevées pour la récupération. Les calories totales peuvent être réduites de 200 à 400 kcal par rapport aux jours d'entraînement. Cette approche de calorie cycling optimise la composition corporelle.
Le RED-S, c'est quoi ?
Le RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport) est un syndrome causé par un déficit énergétique chronique par rapport aux besoins de l'entraînement. Il affecte les hormones, les os, l'immunité, la santé mentale et la performance. Il touche hommes et femmes, pas seulement les sports à catégories de poids. Un signe d'alerte : perte de règles chez les femmes sportives.
Les protéines en poudre sont-elles indispensables pour un sportif ?
Non, elles sont un complément pratique. Si votre alimentation solide couvre vos besoins en protéines (1,6-2,2 g/kg pour la musculation, 1,2-1,6 g/kg pour l'endurance), les poudres n'apportent aucun avantage supplémentaire. Elles sont utiles quand le temps ou l'appétit manquent, ou juste après l'entraînement pour la commodité.
Peut-on être performant avec un régime végétalien ?
Oui, à condition de planifier soigneusement. De nombreux athlètes de haut niveau sont végétaliens. Les points d'attention sont les protéines (quantité et variété des sources), la B12 (supplémentation obligatoire), le fer, le zinc, la créatine (non présente dans les végétaux) et le DHA. Un accompagnement par un nutritionniste du sport est recommandé.
Combien de temps avant le sport faut-il manger ?
Un repas complet 2 à 3 heures avant, un snack léger 30 à 60 minutes avant. Plus le repas est gros et riche en graisses/fibres, plus il faut de temps pour le digérer. Une banane ou une barre de céréales 30 minutes avant est bien tolérée par la plupart des gens. Trouvez votre propre tolérance par l'expérimentation à l'entraînement.

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